Lucie Sassiat, cartographie d’un crime sans cadavre
La photographe Lucie Sassiat enquête sur sa propre enfance. « Cartographie de l’indicible » rassemble les indices d’un abus que le corps, lui, n’a jamais oublié.
Par Jonas Cuénin. Photos de Lucie Sassiat.
Une enfance paisible, aimante, jalonnée de souvenirs heureux. Et pourtant, très tôt, un malaise diffus : cauchemars récurrents, sensation d’être poisseuse de la peau, maux de ventre sans cause. « Je ne trouvais pas les mots pour décrire ce qui m’arrivait. Mon corps, lui, savait », écrit-elle.
Sur l’une de ses images, une enfant en robe rayée, le visage effacé — celle-là même que Le Monde a choisie pour illustrer l’affaire du festival. Sassiat ne fait pas de l’agresseur un monstre : elle en révèle la banalité, plus glaçante encore. La photographie devient acte de résilience, et un espace de reconnaissance pour toutes les souffrances dissimulées.
In one of her images, a faceless child in a striped dress — the very one Le Monde chose to illustrate the festival’s dispute. Sassiat refuses to make the abuser a monster: she reveals his banality, more chilling still. Photography becomes an act of resilience, and a space of recognition for every hidden suffering.
« Cartographie de l’indicible » de Lucie Sassiat se découvre en plein air au festival Les Mesnographies, dans le parc des Mesnuls (Yvelines), à moins d’une heure de Paris. Entrée libre jusqu’au 19 juillet 2026.





