Sasha Mongin, l’enfance à l’ombre d’une mort annoncée
Photographe franco-américaine, Sasha Mongin a grandi avec un père que les médecins condamnaient. « Le mourant qui ne mourait pas » fait de cette attente un conte onirique.
Par Jonas Cuénin. Photos de Sasha Mongin.
« Mon père a été contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine en 1982 », raconte-t-elle. Le sida a laissé un virus rare attaquer son cerveau ; elle avait alors sept ans, et les médecins ne lui donnaient que quelques mois. « Mais il leur a donné tort, il est toujours avec nous aujourd’hui ».
Les images portent le regard d’une enfant installée dans la certitude que son père allait bientôt mourir. « Je me souviens avoir nié la maladie de mon père, me réfugiant dans l’illusion qu’il sortait en cachette la nuit », confie-t-elle. Elle se souvient aussi de la solitude de sa mère, quand les proches, peu à peu, les ont abandonnés.
« La mort a toujours été un sujet commun dans mon quotidien et celui de mes parents », dit-elle : « ils en rient, ils en pleurent et ils l’attendent ». Traité tantôt par la métaphore, tantôt frontalement, le sujet baigne tout entier dans son univers onirique et fantastique.
« Le mourant qui ne mourait pas » de Sasha Mongin se découvre en plein air au festival Les Mesnographies, dans le parc des Mesnuls (Yvelines), à moins d’une heure de Paris. Entrée libre jusqu’au 19 juillet 2026.





