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Denise Bellon · Un regard vagabond 📁 Terminée

Du jeudi 9 octobre 2025 au dimanche 8 mars 2026
mahJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme)

🖼 À propos de l'exposition

Le mahJ présente la première rétrospective consacrée à Denise Bellon, photographe humaniste, pionnière du photojournalisme et figure majeure du milieu artistique et surréaliste. À travers près de 300 photographies, objets, lettres et publications, cette exposition retrace son parcours exceptionnel, singulier et méconnu, des années 1930 aux années 1970.

Denise Bellon : l’œil d’une femme photographe au XXe siècle

Alliance Photo et le photoreportage

Née à Paris dans une famille juive originaire d’Alsace et d’Allemagne, Denise Bellon (née Hulmann) s’initie à la photographie au Studio Zuber avant de cofonder Alliance Photo, la première agence photographique de l’entre-deux-guerres. Influencée par l’esthétique de la « Nouvelle Vision », elle réalise des reportages audacieux à l’étranger (Balkans, Finlande, Afrique) et des commandes publicitaires innovantes.

En 1940, elle épouse Armand Labin, journaliste juif roumain engagé dans la Résistance. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle dissimule sa judéité à Lyon et y documente la vie sous l’Occupation. Fin 1944, elle couvre le maquis républicain espagnol pour Midi libre, journal fondé par son mari. En 1945, son reportage sur la maison des Éclaireurs israélites de Moissac — refuge pour enfants juifs puis orphelins de la Shoah — témoigne de son humanisme et de son engagement.

En 1947, elle rapporte de Djerba un ensemble saisissant sur la communauté juive de l’île.

Une immersion dans les cercles artistiques et surréalistes 

Liée depuis l’adolescence avec les sœurs Maklès – Sylvia qui épousera Georges Bataille puis Jacques Lacan, et Rose qui épousera André Masson, Denise Bellon fréquente le groupe Octobre et les surréalistes dès l’avant-guerre. André Breton lui confie ainsi de 1938 à 1965 la couverture des expositions surréalistes. On découvre les œuvres de Victor Brauner, Frederik Kiesler, Wolfgang Paalen, ou Sonia Mossé (déportée à Sobibor en 1943). Denise Bellon laisse aussi des portraits de nombreux artistes juifs de l’école de Paris – Moïse Kisling, Kurt Seligmann, Antoine Pevsner Bezalel Schatz – et d’écrivains dont elle est proche : Joë Bousquet, Simone de Beauvoir, Paul Bénichou, Joseph Delteil, Henry Miller ou Jacques Prévert. Grâce à sa familiarité avec le milieu cinématographique, on retrouve aussi les visages de Paul Grimault, Joseph Kosma, Nico Papatakis, ou les jeunes Marcel Marceau et Serge Reggiani. Ses filles aussi feront carrière dans le cinéma, Yannick comme réalisatrice, et Loleh comme actrice et dramaturge. En 1972, les derniers travaux de Denise Bellon sont des photographies de tournage de Quelque part quelqu’un, réalisé par Yannick. 

Un regard vagabond et indépendant 

D’une exceptionnelle diversité, son œuvre se caractérise par une forte indépendance dans le monde de la photographie, et une grande curiosité, tant pour l’« ailleurs », que l’on retrouve dans ses reportages à l’étranger, que pour l’insolite proche, qu’il s’agisse d’un mariage gitan dans la Zone entourant encore Paris avant-guerre, ou du surréalisme dont elle suivra les évolutions. Rompant avec les conventions bourgeoises de sa famille, elle porte sur le monde un regard vagabond que l’on retrouve chez d’autres photographes juives de sa génération comme Lore Krüger, Gerda Taro, Denise Colomb ou Gisèle Freund.

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