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Aiarty Image Enhancer : notre évaluation croisée

Présentation générale

L’éditeur

Aiarty est la marque phare la plus récente de Digiarty Software, qui revendique le principe « Art up Your Digital Life » et développe un écosystème de solutions desktop d’IA comprenant l’amélioration d’images, l’amélioration vidéo et le détourage d’images. Digiarty Software est un éditeur établi de longue date, connu notamment pour ses logiciels de traitement vidéo et multimédia (gamme VideoProc, WinX). Avec la marque Aiarty, l’éditeur décline trois produits : Aiarty Image Enhancer, Aiarty Video Enhancer et Aiarty Image Matting (détourage).

Le logiciel

Aiarty Image Enhancer est un logiciel de bureau d’amélioration d’images basé sur le deep learning, qui propose réduction du bruit, défloutage, agrandissement et restauration de la qualité, avec des options de restauration de visage, d’édition des couleurs, d’effacement IA, de sortie HDR et de réglage de l’intensité. Point important pour la confidentialité : le traitement s’effectue entièrement hors ligne sur l’appareil, aucune image n’est envoyée vers le cloud.

Quelques repères techniques et commerciaux :

  • Selon l’éditeur, l’IA a été entraînée sur 6,78 millions d’images, et vise à améliorer tout type d’images, y compris les illustrations générées par IA, les images de faible qualité et les photos imparfaites, avec un agrandissement possible jusqu’en 4K/8K/32K. Mac4Ever
  • Le logiciel propose plusieurs modèles d’IA au choix selon le type de photo. La version 3 a introduit More-Detail GAN, qui améliore la stabilité des textures et génère des détails plus précis, et AIGCsmooth, dédié aux images générées par IA. C’est d’ailleurs le modèle More-Detail GAN V3 qui a été utilisé dans nos tests.
  • La version 3.5 a ajouté un curseur de puissance plus précis pour ajuster l’intensité de l’amélioration, ainsi qu’une correction des couleurs intégrée (température, teinte, exposition, contraste, saturation).
  • L’éditeur met en avant le traitement par lots et la vitesse (plus de 100 images en 16 minutes annoncées), la compatibilité macOS à partir de Big Sur 11 sur puces Apple Silicon ; le logiciel existe aussi sous Windows. Une version d’essai gratuite est disponible, l’abonnement est proposé autour de 85 $ par an et la licence perpétuelle autour de 155 $ (des promotions sont fréquentes).

Le positionnement est clair : une amélioration d’image quasi automatique, accessible aux non-spécialistes, et non un logiciel de développement RAW complet.

Synthèse des évaluations

Nos deux testeurs, Bao et Fahad, ont évalué le logiciel sur des cas d’usage variés : sport (filé), architecture nocturne, portraits, paysage urbain, scènes en basse lumière, photo de nuit en longue exposition, photo en plein jour et restauration de photos anciennes. Les fichiers sources étaient des RAW (Panasonic .RW2, Sony .ARW) et des JPEG, traités sans développement préalable.

Ce qui marche bien

  • La netteté et les textures fines : c’est le point fort incontesté. Tissus, fourrures, bois, cuir, pierre, sable, cheveux… les micro-textures sont nettement mieux restituées, avec un micro-contraste renforcé.
  • Un rendu naturel : très peu d’artefacts, pas de halos, pas de sur-accentuation. Les couleurs restent fidèles et l’ambiance des scènes (crépuscule, nuit) est préservée.
  • Les performances en basse lumière : les détails des zones sombres sont mieux restitués sans amplification visible du bruit (excellent exemple : le Sacré-Cœur de nuit).
  • La photo ancienne : le modèle More-Detail GAN V3 se montre très performant sur les vieux clichés, avec un gain de netteté spectaculaire sur les visages (yeux, sourcils, cheveux, moustache).
  • La photo en plein jour : détails (tatouages) plus visibles, couleurs plus vives, cheveux défloutés et mieux individualisés.
  • La simplicité : interface très simple, traitement automatisé, prise en main immédiate, compatible RAW et JPEG. Note de 5/5 en prise en main et en rapport qualité/simplicité chez Bao.
  • L’effaceur IA sur les cas simples : très bon sur des objets au sol à l’ombre (photo de parc).

Ce qui fonctionne moins bien

  • Le temps de traitement : de 7 à 25 minutes par image selon les tests de Bao (sur CPU), plus de 5 minutes de téléchargement des modèles pour l’effaceur IA chez Fahad. Il faut aussi attendre la fin de « l’inférence » avant de passer à la photo suivante.
  • Peu de réglages : le logiciel n’offre pas la finesse de contrôle d’un Lightroom Classic, DxO PhotoLab ou Capture One (exposition, hautes lumières, colorimétrie…). Il ne remplace pas un vrai développeur RAW.
  • Le débruitage jugé basique : sur un RAW à ISO 5000, Fahad estime que d’autres logiciels font mieux ; l’amélioration se limite surtout aux cheveux.
  • La restauration de visage mal calibrée en basse lumière : effet « maquillage » sur les visages, couleurs délavées, peaux trop lisses. Décocher l’option ne semble pas annuler le traitement déjà appliqué.
  • La restauration de photos anciennes n’est pas patrimoniale : l’IA accentue les défauts du support (points blancs, poussières) au lieu de les atténuer, lisse trop la peau (léger effet « portrait IA ») et redessine certains traits (oreilles, nez, lèvres).
  • L’effaceur IA inégal : il ne prend pas assez en compte le contexte autour de la zone effacée et peut laisser une marque visible (exemple de la grue effacée sur la photo de rooftop).
  • Pas de sauvegarde des éditions : si l’on ferme le logiciel sans exporter, tout est à refaire.
  • Une amélioration parfois discrète : à taille d’affichage normale, le gain n’est vraiment visible qu’en comparaison côte à côte ou à fort grossissement.

Verdict

Aiarty Image Enhancer agit comme un optimiseur automatique plutôt que comme un logiciel de développement : il améliore réellement la perception de netteté et de matière sans recréer les détails absents du fichier d’origine (le flou de mouvement, les hautes lumières brûlées restent inchangés — comportement cohérent). Il conviendra aux débutants, aux amateurs pressés et à ceux qui ne veulent pas passer de temps en post-traitement. Pour un travail exigeant, un développeur RAW spécialisé conserve l’avantage.

Détail des évaluations

Évaluation n°1 – Vélo (filé dynamique)

Fichier RAW (.RW2) d’un Panasonic Lumix S5D, traitement en 10 minutes.

Netteté légèrement renforcée sur la casquette, les lunettes et les contours du visage ; texture du sweat nettement mieux restituée (côtes du tissu, plis) ; poignée du guidon plus précise ; inscriptions (« ESSAI GRATUIT ! », logo « dott ») plus lisibles ; contraste local renforcé qui détache le sujet du fond. Le filé du décor et le flou de rotation de la roue sont préservés, ce qui est normal. L’amélioration reste subtile à taille normale et s’apprécie surtout côte à côte ou en zoom.

Évaluation n°2 – Cannes sous les projecteurs

Fichier RAW (.ARW) d’un Sony α7R V, traitement en 25 minutes.

Le test met en évidence l’un des points forts du logiciel : les textures fines. La frange rouge du parasol voit chaque brin mieux individualisé, les coutures du tissu blanc ressortent, les motifs des coussins et les rayures des matelas gagnent des contours plus francs, le grain du sable et le veinage du bois deviennent perceptibles. Sur le portrait, cheveux, cils, sourcils et montures de lunettes gagnent en précision sans effet « peau plastique ». Les zones à l’ombre révèlent davantage de détails sans montée de bruit. À l’échelle de l’image complète, le gain reste discret ; il devient très visible entre 38 % et 65 % de zoom.

Évaluation n°3 – Peintre de Montmartre (basse lumière)

Fichier RAW (.RW2) d’un Lumix TZ100, traitement en 7 minutes.

Sur cette scène nocturne : portrait sur le chevalet plus net, écran du smartphone plus lisible, contours des personnages (cheveux, vêtements, accessoires) plus précis, façades et fenêtres de l’arrière-plan mieux définies. Le traitement préserve l’ambiance nocturne, n’accentue pas le bruit et garde des couleurs naturelles. Les gains, modestes à l’échelle de l’image, se révèlent entre 18 % et 100 % de zoom.

Évaluation n°4 – Portraitiste de Montmartre

Fichier JPEG d’un Lumix TZ100, traitement en 10 minutes.

L’un des tests les plus convaincants. À 65 % de zoom, les cheveux blancs du portraitiste, la texture de sa casquette, ses lunettes et son col en laine gagnent nettement en définition. Le visage du modèle, la fourrure du manteau, les sacs matelassés, les chaînes métalliques, le cuir, le jean, le bois de la chaise et les pavés bénéficient tous d’un gain évident de micro-détails. La lumière chaude du crépuscule est parfaitement conservée, la personne en mouvement à l’arrière-plan reste floue (le flou de mouvement n’est pas corrigé) et aucun artefact n’apparaît.

Évaluation n°5 – Sacré-Cœur de nuit

Fichier RAW (.RW2) d’un Lumix TZ100, traitement en 10 minutes.

Excellent résultat sur l’architecture nocturne : pierres, joints, dômes, colonnes, corniches, sculptures et statue équestre gagnent sensiblement en lisibilité, y compris dans les zones faiblement éclairées. Le ciel nocturne reste propre, sans montée de bruit. Les lampadaires surexposés restent brûlés : le logiciel ne reconstruit pas les informations absentes, comportement jugé cohérent. C’est l’une des meilleures démonstrations du logiciel sur les monuments photographiés en faible lumière.

Évaluation n°6 – Restauration d’un visage (photo ancienne)

Fichier JPG récupéré sur Geneanet, traitement en 2 minutes.

Le visage est la partie la plus réussie : yeux beaucoup plus précis, sourcils mieux dessinés, mèches de cheveux définies, moustache plus naturelle, costume et col plus texturés. Mais l’IA fait ressortir de nombreux petits points blancs (grain et poussières du papier interprétés comme des détails à accentuer), la peau devient très lisse avec un léger effet « portrait IA », et certains traits (oreilles, nez, lèvres) sont redessinés. L’exportation après correction des défauts à l’effaceur est en outre plus longue. Conclusion : remarquable pour la netteté, mais ce n’est pas une restauration fidèle au sens patrimonial.

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