Bienvenue dans ce deuxième article consacré au matériel. Nous allons aujourd’hui soulever le capot de votre appareil pour comprendre comment fonctionne réellement votre capteur. Nous découvrirons également les trois concepts fondamentaux de la photo : l’ouverture, la vitesse et la sensibilité. Ces termes n’auront plus aucun secret pour vous à la fin de cette lecture.

Comment fonctionne le capteur ?
Le capteur est le cœur de votre appareil. Il possède des millions de photosites (approximativement autant que de pixels). Leur rôle est de transformer l’intensité lumineuse reçue en une tension électrique. Plus la lumière est forte, plus la tension est importante. Cette information électrique est ensuite convertie en une valeur numérique pour créer l’image.

La grille de Bayer et la restitution des couleurs
Par nature, un capteur ne « voit » pas les couleurs, seulement l’intensité lumineuse. Pour pallier cela, la grille de Bayer recouvre le capteur. C’est grâce à elle que nous pouvons enregistrer les couleurs. À chaque photosite, on associe un filtre coloré selon cette répartition :
- 50 % de filtres verts (pour correspondre à la sensibilité de l’œil humain).
- 25 % de filtres rouges.
- 25 % de filtres bleus.

C’est l’association de quatre photosites (deux verts, un rouge et un bleu) qui permet de recréer les informations d’un seul pixel de l’image finale enregistrée sur votre carte mémoire.
La sensibilité ISO
Augmenter la sensibilité (les ISO) du capteur revient à intensifier le signal électrique reçu. Notez qu’en augmentant ce signal artificiellement, on perd inévitablement en qualité d’image, car cela génère du bruit numérique.
Maîtriser le temps : la vitesse d’obturation
L’obturateur est placé juste devant le capteur. Il est constitué de deux rideaux formés de plusieurs lamelles qui masquent le capteur entre les prises de vue.
- Le mécanisme : Pendant l’exposition, le premier rideau s’ouvre et découvre progressivement le capteur. Ensuite, le second rideau se met en mouvement pour refermer l’ouverture.
- La fente mobile : Selon la vitesse choisie, le second rideau peut démarrer avant que le premier n’ait terminé son parcours. Cela crée une fente mobile qui balaie la surface du capteur. Plus la durée d’exposition est courte, plus cette fente est étroite.

La durée d’exposition (ou temps de pose) suit une échelle précise (en secondes) : 8 – 4 – 2 – 1 – 1/2 – 1/4 – 1/8 – 1/15 – 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 – 1/500 – 1/1000 – 1/2000 – 1/4000 – 1/8000.
Règle d’or : Lorsque l’on passe à une vitesse deux fois plus lente, la quantité de lumière captée double. À l’inverse, si la vitesse est deux fois plus rapide, la quantité de lumière est divisée par deux.
Contrôler le flux : l’ouverture du diaphragme
Le diaphragme se situe à l’intérieur de l’objectif. Formé de fines lamelles, il permet de régler la quantité de lumière traversant l’objectif ainsi que l’angle des rayons lumineux.
- Ouverture maximale : Plus de lumière atteint le capteur, ce qui éclaircit la photo.
- Fermeture progressive : Moins de lumière pénètre, ce qui assombrit la photo.

C’est un paramètre clé pour ajuster précisément la luminosité de votre image.
La profondeur de champ (PDC)
Le diaphragme joue également un rôle crucial sur la zone de netteté de l’image, appelée profondeur de champ. C’est la partie de la scène qui apparaît nette devant et derrière le sujet.
- Grande profondeur de champ : Une grande partie de la scène est nette (idéal pour le paysage).
- Profondeur de champ réduite : Seule une partie limitée est nette, le reste est flou (idéal pour isoler un sujet en portrait).

Elle dépend de trois facteurs principaux :
- L’ouverture du diaphragme : Plus l’ouverture est grande (petit chiffre f/), plus la PDC est réduite.
- La distance au sujet : Plus le sujet est proche, plus la PDC est faible.
- La focale de l’objectif : Plus la focale est longue (zoom), plus la PDC est réduite.
En maîtrisant ces bases techniques, vous passez du mode automatique à la création intentionnelle. Bonne pratique à tous !