Graciela Iturbide, l’âge de l’innocence
Graciela Iturbide, l’une des voix les plus influentes de la photographie, aborde l’enfance à la fois avec sincérité et ambiguïté dans son livre Infancia.
Par Gaia Squarci. Photographies de Graciela Iturbide.
Graciela Iturbide semble photographier les enfants en se plaçant véritablement à leur hauteur, de manière à revenir en quelque sorte à leur âge. Ses images relient ainsi l’enfance à l’audace, à la la découverte du monde, mais aussi à sa vulnérabilité. Une question traverse l’ensemble du travail : comment les enfants comprennent-ils et intériorisent-ils l’idée de la mort ?
Graciela Iturbide a donné naissance à sa fille unique à l’âge de 20 ans. L’enfant est morte à l’âge de 6 ans. Depuis lors, le regard de la photographe n’a cessé de chercher à tracer la frontière entre le monde des vivants et celui des morts.
Cette recherche se manifeste dans ses photographies de la Santa Muerte, figure puissante de la culture populaire mexicaine, ainsi que dans ses représentations récurrentes des animaux — notamment celle des oiseaux, des êtres libres de disparaître au-delà des limites du regard humain. Dans d’autres images, les animaux de ferme évoquent un rapport différent à la mortalité, où la mort fait partie du quotidien des communautés rurales, pour les adultes comme pour les enfants.
Le livre Infancia est publié par Editorial RM et disponible au prix de 45 euros.







