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Les profils en retouche photo

L’utilisation des des profils et des filtres (presets) est au cœur de la création de l’identité visuelle d’un photographe. Si ces termes sont omniprésents, ils recouvrent pourtant des réalités techniques et des philosophies de travail radicalement différentes. Comprendre leur fonctionnement permet de passer d’une application intuitive et parfois destructrice à une maîtrise totale de la matière numérique de l’image.

Les profils

Le profil (comme les Adobe Looks, les simulations de films Fujifilm ou les profils ICC d’impression) intervient à une étape bien plus précoce et fondamentale : au moment du dématriçage du fichier RAW. Un fichier brut n’a pas de couleurs intrinsèques exploitables ; il s’agit d’une suite de données numériques monochromes issues du capteur, qui nécessite une table de traduction mathématique appelée LUT (Look-Up Table) pour devenir une image visible à l’écran.

Le profil définit la structure même de cette traduction en calibrant la réponse des contrastes, la tonalité des noirs et la sensibilité des nuances de couleur. Contrairement aux filtres (ou présets) qui déplacent visiblement les curseurs de réglage du logiciel, le profil agit en tâche de fond : il applique une signature colorimétrique et esthétique immédiate tout en laissant tous vos curseurs à zéro. C’est la fondation brute, le choix de la pellicule et de la toile, sur laquelle s’appuieront ensuite tous les autres ajustements et filtres du photographe.

Rappel important : Choisir l’un de ces profils standards au début de votre développement n’affecte en rien la position de vos curseurs (Exposition, Ombres, Contraste). Ils restent tous à zéro, vous laissant une totale liberté pour ajuster votre image à partir de la base visuelle choisie.

La couleur comme outil de narration

La couleur en photographie n’est jamais neutre. Elle ne se contente pas de reproduire le réel ; elle l’interprète, le dramatise et lui insuffle une charge psychologique immédiate. Avant même que l’esprit n’analyse la composition ou le sujet d’une image, l’œil perçoit une harmonie ou un contraste chromatique qui dicte inconsciemment l’ambiance de la scène.

Dans cette quête de narration par la couleur, la photographie moderne puise une immense partie de ses codes et de ses techniques dans un art frère qui a érigé la gestion de la couleur en science narrative : le cinéma.

La colorimétrie comme outil narratif et psychologique

La colorimétrie, ou science de la couleur, dépasse largement le cadre technique de la balance des blancs ou de l’étalonnage des capteurs. En post-traitement, elle devient le pinceau du photographe. Chaque teinte possède une résonance culturelle et psychologique universelle que le créateur d’images peut exploiter pour guider l’émotion du spectateur.

Des tons chauds (jaunes, dorés, orangés) évoquent instantanément la nostalgie, l’intimité, le confort ou une chaleur estivale oppressante. À l’inverse, une palette de tons froids (bleus, cyans, verts subtils) traduit la solitude, la mélancolie, le mystère, ou une atmosphère clinique et technologique.

Maîtriser la colorimétrie consiste à orchestrer ces teintes à travers des règles d’harmonies issues de la peinture (couleurs complémentaires, analogues ou triadiques) pour créer une tension ou, au contraire, un apaisement visuel au sein du cadre.

L’héritage du cinéma : De la chimie à l’étalonnage numérique

Le cinéma a profondément façonné notre culture visuelle collective. À l’époque de la pellicule, l’identité d’un film dépendait du choix chimique de l’émulsion (le rendu mythique de la Technicolor, la douceur de la Kodak Vision3 ou la froideur de la Fuji Eterna). Avec le passage au numérique, le cinéma a inventé le métier d’étalonneur et popularisé l’usage des LUT (Look-Up Tables), des profils mathématiques permettant de sculpter la couleur image par image.

La photographie a massivement adopté ces techniques de « Color Grading ». Aujourd’hui, un photographe ne cherche plus seulement à obtenir des couleurs « justes », mais des couleurs « justifiées » par le récit. Le post-traitement moderne utilise les mêmes outils que les laboratoires de post-production hollywoodiens pour donner du relief à la matière numérique.

Les grands codes cinématographiques appliqués à la photo

Plusieurs esthétiques nées sur grand écran influencent directement le travail des photographes contemporains, en particulier dans la photographie de rue, le portrait et le reportage :

Le « Teal and Orange » (Bleu canard et Orange)

C’est le contraste complémentaire le plus célèbre du cinéma moderne. Il consiste à pousser les ombres et les tons intermédiaires vers le cyan (Teal) tout en préservant et en réchauffant les tons chair vers l’orange. Le fond froid repousse le décor au second plan tandis que la chaleur des visages les fait littéralement sauter aux yeux du spectateur. C’est une technique redoutable pour donner de la profondeur tridimensionnelle à une image fixe.

La compression de la dynamique et les noirs « mats »

Inspirée des films noirs et du cinéma d’auteur des années 70, cette approche consiste à casser le contraste purement informatique des capteurs modernes. En élevant le point noir de la courbe des tonalités, les ombres les plus sombres deviennent légèrement grises, laiteuses ou lavées. Cela donne un aspect organique, proche de la pellicule argentique, qui atténue la dureté du numérique.

Le virage colorimétrique des ombres (Split Toning)

Au cinéma, les ombres sont rarement d’un noir neutre. Elles sont presque toujours teintées pour instaurer une atmosphère dominante. Injecter du vert ou du bleu nuit dans les basses lumières (une esthétique popularisée par des films comme Matrix ou Fight Club) permet de créer une ambiance lourde, mystérieuse ou dystopique, qui transforme une simple scène urbaine en un tableau narratif puissant.

Vers une signature visuelle unique

S’inspirer du cinéma ne signifie pas calquer grossièrement un effet de mode sur toutes ses images. La véritable force de cette influence réside dans la cohérence. En créant sa propre identité colorimétrique — sa propre « palette » —, le photographe lie ses images les unes aux autres, transformant une succession de clichés isolés en un corpus cohérent. La couleur devient alors la voix off de son travail, une signature silencieuse mais immédiatement reconnaissable.

Les profils Adobe disponibles dans Lightroom Classic

Lightroom Classic intègre nativement une gamme de profils signés Adobe, conçus pour servir de point de départ universel à l’interprétation des fichiers RAW. Le profil par défaut, Adobe Couleur, offre un rendu optimisé, équilibré et moderne, idéal pour la majorité des sujets. Pour des besoins plus spécifiques, Adobe décline cette interprétation en plusieurs variantes vectorielles : Adobe Paysage accentue la saturation des bleus et des verts, Adobe Portrait adoucit les contrastes et préserve la fidélité des carnations, tandis qu’Adobe Standard reproduit le rendu historique des anciennes versions du logiciel. Les photographes adeptes du noir et blanc disposent d’Adobe Monochrome, qui convertit le signal brut en niveaux de gris en optimisant la séparation des nuances sombres.

Au-delà de ces standards, le logiciel propose des profils « Créatifs » (Artistique, Moderne, Inspiré d’un film, Noir et blanc et Vintage) qui appliquent des colorations thermiques plus marquées, ainsi que les profils Correspondance de l’appareil, qui imitent fidèlement les styles d’image et les profils colorimétriques d’origine configurés dans les boîtiers des grands constructeurs (Sony, Canon, Nikon, Fujifilm).

Les profils de base : Adobe Raw

Ce groupe contient les profils de référence d’Adobe. Ils appliquent une interprétation globale et uniforme sur l’ensemble des pixels sans modifier les curseurs de réglage.

Adobe Couleur

Le profil standard par défaut. Il offre un rendu équilibré avec un contraste moyen et une saturation naturelle, servant de base universelle pour la majorité des images.

Adobe Monochrome

Ce profil convertit directement le signal RAW en niveaux de gris à la racine. Il applique une courbe de contraste optimisée pour le noir et blanc afin de garantir une bonne séparation des valeurs sombres et claires sans boucher les ombres.

Adobe Éclatant

Un profil dynamique qui augmente de manière significative le contraste et la saturation globale. Il est adapté aux sujets graphiques ou industriels nécessitant un impact visuel immédiat, mais reste à manipuler avec précaution sur les tons chair.

Adobe Neutre

À l’exact opposé d’Adobe Éclatant, ce profil applique une courbe de tonalité très plate avec un contraste minimal et des couleurs atténuées. Il est idéal pour maximiser la plage dynamique récupérable ou pour servir de base neutre avant un étalonnage personnalisé.

Adobe Paysage

Ce profil applique une saturation ciblée sur les bleus et les verts tout en renforçant le contraste global, donnant ainsi plus de présence au ciel et à la végétation.

Adobe Portrait

Calibré spécifiquement pour la douceur, il réduit le contraste des tons moyens et préserve la fidélité et les nuances des carnations (les tons chair) afin d’éviter les dérives orangées ou saturées sur la peau.

Adobe Standard

Le moteur de rendu historique d’Adobe. Moins contrasté et moins saturé que le profil Adobe Couleur moderne, il conserve un rendu plus brut recherché par certains professionnels pour sa neutralité.

Les profils intelligents : Adaptative

Ces profils intègrent des algorithmes d’intelligence artificielle sémantique. Au lieu d’appliquer une table mathématique fixe, ils analysent le contenu de l’image pour segmenter automatiquement les différents éléments (sujet, ciel, arrière-plan) et appliquer un traitement localisé invisible en arrière-plan.

Adaptative Couleur

Analyse la scène pour équilibrer localement l’exposition, le contraste et la vibrance de manière intelligente selon les zones détectées (par exemple, donner de la présence au sujet tout en gérant la dynamique du fond).

Adaptative N&B

Convertit l’image en noir et blanc en adaptant le mélangeur de couches et le contraste local de manière sémantique selon la nature des objets et des visages détectés dans la composition.

Les profils créatifs et stylistiques

Ces profils appliquent des tables de correspondance (LUT) plus typées pour imiter des rendus argentiques, cinématographiques ou graphiques. Ils disposent tous d’un curseur d’intensité pour doser l’effet de 0 à 200 %.

Artistique (01 à 08)

Huit déclinaisons qui appliquent des virages colorimétriques et des palettes chromatiques spécifiques, souvent caractérisées par des teintes stylisées dans les ombres et les hautes lumières pour une signature visuelle marquée.

Inspiré d’un film (01 à 12)

Douze profils conçus pour imiter le comportement des pellicules argentiques traditionnelles. Ils travaillent généralement sur la compression de la dynamique (noirs légèrement délavés ou mats) et des dérives de couleurs typiques des émulsions chimiques.

Moderne (01 à 10)

Dix profils aux rendus épurés et contemporains, accentuant souvent la clarté périphérique ou appliquant des contrastes nets et des saturations sélectives adaptées à la photographie urbaine ou de mode.

N&B (01 à 12 + Filtres colorés v2)

Dix-sept profils monochromes de création. Les douze premiers offrent des variantes de contrastes et de matité des noirs (styles argentiques, high-key, low-key). Les cinq derniers (N&B Filtre bleu v2, vert v2, jaune v2, orange v2, rouge v2) simulent numériquement l’effet des filtres en verre vissés sur un objectif à la prise de vue, permettant par exemple d’assombrir drastiquement un ciel bleu (filtre rouge) ou d’éclaircir un feuillage (filtre vert).

Vintage (01 à 10)

Dix profils caractérisés par une esthétique rétro, induisant une baisse notable du contraste global, des noirs fortement délavés et des dominantes de couleurs nostalgiques (tons sépia, jaunes ou désaturés).

en dehors de l’éco-systeme d’adobe

En dehors de l’écosystème Adobe, les autres grands logiciels du marché (Capture One, DxO PhotoLab, ON1 Photo RAW) ou les solutions Open Source (Darktable) développent leurs propres architectures de profils intégrés.

Voici ce que l’on trouve en standard chez ces différents éditeurs :

Capture One Pro : L’approche par profil ICC personnalisé

Capture One se distingue par une approche très haut de gamme : plutôt que d’avoir un profil générique pour toutes les marques, les ingénieurs créent des profils ICC sur mesure pour chaque modèle de capteur de chaque fabricant.

  • Profils ProStandard : Présents sur les boîtiers récents, ces profils techniques maintiennent une fidélité des couleurs absolue et linéaire, même si l’on applique de fortes variations de contraste ou d’exposition. Ils évitent les dérives de teintes (comme les visages qui virent au jaune ou au rouge dans les hautes lumières).
  • Courbes d’interprétation (Rendu) : Une fois le profil ICC du boîtier sélectionné, Capture One applique une courbe de rendu. En standard, vous avez le choix entre :
    • Auto / Film Standard : Le rendu par défaut, flatteur et contrasté.
    • Film Extra Hard / Film Hard : Pour des rendus très denses et percutants (idéal en reportage ou mode).
    • Film High Contrast : Accentue violemment la dynamique entre noirs et blancs.
    • Linear Response (Réponse linéaire) : L’image brute absolue, extrêmement plate, sombre et sans aucun contraste. C’est la base technique pure pour les travaux de reproduction d’art ou pour les photographes qui veulent sculpter l’intégralité de la courbe à la main.
DxO PhotoLab : La puissance des rendus croisés

La force de DxO réside dans sa banque de données. Ses profils de rendu permettent de faire correspondre le comportement d’un capteur avec celui d’une autre marque ou d’une pellicule.

  • DxO Standard : Le profil maison. Il applique automatiquement une correction de la dynamique appelée DxO Smart Lighting, qui analyse le contenu de l’image pour équilibrer les ombres et les hautes lumières de manière intelligente dès l’ouverture du RAW.
  • Rendus de boîtiers croisés (Body Match) : C’est une spécificité DxO. Si vous photographiez avec un boîtier Sony, vous pouvez appliquer en un clic le profil standard d’un Canon EOS ou d’un Nikon pour retrouver instantanément la science des couleurs de ces marques (très utile pour harmoniser les images lors d’un shooting à deux caméras de marques différentes).
  • Simulations Neutres (Couleurs neutres / Neutre v2) : Des profils conçus pour optimiser au maximum l’affichage de l’histogramme sans accentuation artificielle, facilitant le travail fin sur les textures.
ON1 Photo RAW : Les profils axés sur le genre photographique

ON1 intègre des profils d’entrée natifs optimisés selon la discipline photographique pratiquée, offrant un excellent point de départ thématique :

  • ON1 Standard & ON1 No Bias : Le premier est polyvalent, le second est d’une neutralité totale sans aucune interprétation créative.
  • ON1 Landscape (Paysage) : Conçu pour booster les nuances de la nature, avec une attention particulière portée à la séparation des tons verts et jaunes.
  • ON1 Portrait : Calibré pour adoucir les transitions de tons moyens afin de lisser naturellement le rendu de la peau.
  • ON1 Wildlife (Faune) : Un profil optimisé pour accentuer le micro-contraste des textures (poils, plumes) tout en préservant le naturel des teintes d’arrière-plan.
Darktable (Open Source) : Les profils de flux de travail modernes

En tant que logiciel open source orienté vers une approche scientifique du signal, Darktable a abandonné les vieux profils d’interprétation subjectifs au profit de profils de gestion de la dynamique :

  • Filmique RVB (Filmic RGB) : C’est le profil/module par défaut du flux de travail moderne de Darktable. Il reproduit fidèlement la compression des hautes lumières et des ombres des films argentiques tout en travaillant dans un espace colorimétrique de grande taille (Scene-Referred). Il évite que les couleurs ne s’écrêtent ou ne s’altèrent lorsqu’on pousse l’exposition.
  • Sigmoïde (Sigmoid) : Une alternative plus récente à Filmique RVB, offrant un profil de contraste basé sur une fonction mathématique sigmoïde. Il permet d’obtenir un rendu de base très agréable, simple à régler, avec une excellente gestion de la pureté des couleurs dans les zones saturées.
  • Profils ICC standard d’entrée : Permet de charger des matrices de couleurs standard (sRGB, Adobe RGB, ou des profils d’entrée spécifiques créés manuellement avec une mire de calibration).

les éditeurs de luts (profils 3D)

Dans le contexte de la retouche photo et du développement RAW, les profils dits « 3D » ou « .cube » font référence à l’utilisation de LUTs 3D (3D LookUp Tables).

Initialement issue du monde du cinéma et de la vidéo, cette technologie s’est imposée en photographie comme l’outil le plus puissant et le plus précis pour appliquer des étalonnages de couleurs complexes, des simulations de films ou des rendus créatifs.

Qu’est-ce qu’une LUT 3D (ou fichier .cube) ?

Une LookUp Table (table de correspondance) est un tableau de données mathématiques qui convertit les couleurs d’entrée de votre appareil photo en d’autres couleurs de sortie.

  • Pourquoi « 3D » ? Contrairement à une LUT 1D (qui ne peut modifier que la luminosité ou le contraste global), une LUT 3D agit sur un espace à trois dimensions basé sur les trois canaux de couleur : Rouge, Vert et Bleu (RVB).
  • Le cube mathématique : Visuellement, on peut imaginer l’espace couleur comme un cube texturé en 3D. Chaque pixel de votre photo possède des coordonnées $(R, V, B)$ dans ce cube. Le fichier de profil va déplacer ces coordonnées de manière chirurgicale.
Comment ça fonctionne concrètement ?

Le format .cube est l’extension de fichier standardisée la plus universelle pour stocker ces tables de correspondance 3D.

Lorsqu’un logiciel de retouche applique un profil .cube, il effectue une réévaluation pixel par pixel. Par exemple, le profil peut ordonner :

« Si un pixel a précisément une teinte bleue saturée dans les tons moyens, transforme-le en bleu sarcelle (Teal), mais si ce même bleu se trouve dans les ombres profondes, désature-le et déplace-le vers le vert. »

Cette interaction croisée (lier la couleur à la fois à sa propre teinte, à sa saturation et à sa valeur de luminosité) est impossible à réaliser de façon aussi globale et propre avec de simples curseurs.

Les avantages majeurs en photographie
  • Zéro modification des curseurs : Tout comme les profils standards, l’application d’un profil 3D .cube se fait en arrière-plan. Vos curseurs d’exposition, d’ombres, de blancs ou de TSL restent à zéro ($0$). Vous conservez toute la latitude du logiciel pour ajuster votre développement par-dessus cette base.
  • Curseur d’intensité (Gain) : La majorité des logiciels modernes (comme Adobe Lightroom ou Camera RAW) permettent de doser l’impact du fichier .cube grâce à un curseur de quantité (de 0 à 200%). Vous pouvez ainsi appliquer un style très lourd à seulement 30% pour l’injecter subtilement dans votre image.
  • Fidélité et absence d’artefacts : Les profils 3D évitent la dégradation des pixels (la pixellisation ou l’effet de « postérisation » dans les dégradés d’un ciel par exemple) que l’on observe parfois en poussant les curseurs de saturation ou de virage partiel à l’extrême.
  • Universalité : Un fichier .cube créé pour un logiciel vidéo (comme DaVinci Resolve ou Premiere Pro) peut être importé et utilisé à l’identique dans votre logiciel de photo (Lightroom, Photoshop, Affinity Photo), ce qui permet d’harmoniser parfaitement le style visuel d’un projet mixte photo et vidéo.

Le marché des éditeurs de LUTs (3D LookUp Tables) pour la photographie est très vaste, car il hérite à la fois d’acteurs du monde du cinéma (le format .cube étant standardisé pour la vidéo) et de spécialistes de la simulation argentique pure.

Contrairement aux vendeurs de simples « presets », les éditeurs sérieux de LUTs créent des profils mathématiques rigoureux pour préserver la dynamique du signal. Les principaux créateurs et éditeurs se distinguent par leur spécialisation :

Les spécialistes de la fidélité argentique

Ces éditeurs reproduisent scientifiquement ou esthétiquement les pellicules photo traditionnelles sous forme de profils 3D exploitables directement dans les moteurs RAW.

  • Cobalt Image : C’est l’un des éditeurs les plus respectés par les puristes et les professionnels du RAW. Leur approche est extrêmement rigoureuse : ils créent d’abord un profil d’émulation pour calibrer parfaitement votre capteur (Sony, Leica, Nikon, Canon) de manière linéaire, puis appliquent une LUT simulant des films mythiques (Kodak Gold, Fuji Astia, etc.). Le rendu des couleurs est d’une justesse chirurgicale, sans artefacts.
  • RNI (Really Nice Images) : Très populaires, leurs packs (comme RNI All Films) intègrent des LUTs basées sur de véritables scans de films négatifs, diapositives et instantanés. Leurs profils sont particulièrement réputés pour la douceur des transitions de couleurs et la justesse des tons chair.
  • Mastin Labs : Bien qu’historiquement axés sur les presets hybrides, ils fournissent des profils de correction tridimensionnelle très précis, calés sur les rendus des scanners de laboratoire professionnels (comme le Fuji Frontier), très prisés par les photographes de mariage et de mode.
Les références du cinéma et du « Color Grading » créatif

Ces éditeurs viennent du monde de la vidéo professionnelle (DaVinci Resolve) mais leurs fichiers au format .cube sont massivement utilisés en photographie de rue, de paysage ou de portrait pour donner une identité narrative et cinématographique forte.

  • Lutify.me : Un acteur majeur qui propose un écosystème complet. Leurs LUTs 3D sont classées par ambiances cinématographiques (cinéma contemporain, vintage, teintes froides, etc.). Ils proposent également des outils de prévisualisation en ligne pour tester les fichiers .cube avant de les importer dans Lightroom ou Capture One.
  • Ground Control LUTs : Spécialisés dans la création de tables de correspondance pour la gestion de la dynamique. Ils proposent des LUTs de stylisation de très haute qualité qui respectent la texture de base des images sans bloquer les noirs de l’image.
  • Triune Digital / Film Riot : Très axés sur le rendu « Blockbuster » ou les ambiances de genres (Thriller, Sci-Fi, Western). Leurs packs de LUTs sont parfaits pour les photographes qui cherchent un étalonnage de couleur lourd, théâtral et très stylisé.
Les autres

Des collectifs de photographes et des studios d’art créent des outils d’étalonnage 3D haut de gamme pour rationaliser le flux de travail.

  • PRO EDU : Ce studio de formation pour photographes commerciaux édite des collections de LUTs 3D spécifiquement calibrées pour Capture One et Lightroom. Leurs profils sont pensés pour la photographie de studio, la mode et le portrait éditorial, où le contrôle de la couleur doit être impeccable.
  • Glyn Dewis / Gavin Hoey (et autres ambassadeurs) : De nombreux photographes formateurs éditent leurs propres signatures colorimétriques sous forme de fichiers .cube pour permettre aux utilisateurs de reproduire fidèlement leur esthétique (souvent des ambiances de portrait dramatiques ou de paysages contrastés).

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