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Robert Capa, l’inventeur d’ «un style »

Source : Photographie – Beware MagazineAuteur : Benoît Dupuis-Tordjeman

« Robert Capa a inventé un style : le photographe de guerre, l’œil rivé à l’objectif, le scoop toujours à l’esprit : le Musée de la Libération de Paris – Musée du général Leclerc – Musée Jean Moulin revient sur l’œuvre de Robert Capa.

Pour le Musée de la Libération de Paris – Musée du général Leclerc – Musée Jean Moulin, c’est à Robert Capa que l’on doit la photographie de guerre dans son « style Capa », décrit comme manière directe et immersive de photographier la guerre. L’occasion de dédier à l’artiste et reporter une rétrospective jusqu’au 20 décembre 2026, en partenariat avec Magnum photo.

Le musée précise que « plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés aux côtés de magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ensemble, ces cent soixante pièces retracent ainsi le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne »

Un métier à risque

Le métier de photographe de guerre n’est pas de tout repos et chaque année voit son lot de morts et disparus dans ses rangs. Selon Reporters sans frontières, cinquante-quatre journalistes ont encore perdu la vie dans l’exercice de leur mission, pour la plupart dans des zones de conflit en 2024.

De Luc Delahaye à Marie-Laure de Decker, ils sont pourtant nombreux à s’orienter vers ce métier afin de documenter les réalités des guerres et conflits de par le monde. Citons en vrac : Lee Miller (qui a fait l’objet d’un film puis, plus récemment, d’une exposition au Musée d’Art moderne), Nick Ut (à qui l’on doit la photographie de la jeune fille au napalm), ou encore Marc Riboud, bien qu’il ait pu nier être photographe de guerre.

Le parcours de l’exposition

Soucieuse de démarrer par le commencement, l’exposition revient d’abord sur « les années de jeunesse et d’exil du jeune photographe, de Budapest à Berlin, de Berlin à Paris », expliquant qu’ils se forgent, avec sa compagne, de nouvelles identités et des personnalités américaines : les voilà devenus Robert Capa et Gerda Taro, astuce qui permet au photographe de vendre plus facilement leur production aux magazines. « L’appareil Leica de “Bob” accompagne cette transformation ».

La seconde partie de l’exposition revient sur la guerre civile espagnole, où ils se rendent en 1936. Gerda Taro meurt là-bas, sonnant « la fin de la période d’insouciance ». Le musée précise que de nombreux hommages lui sont alors rendus par la presse de l’époque et que « son histoire est popularisée aux États-Unis ».

La Seconde Guerre mondiale occupe une place centrale, autant dans le XXᵉ siècle que dans l’œuvre de Robert Capa : il a d’ailleurs l’occasion de photographier le débarquement du 6 juin 1944 et la libération de Paris. Le 25 août 1944, il immortalise l’entrée de la 2ᵉ division blindée dans la capitale puis, le lendemain, les scènes de liesse des habitants en joie.

Il crée ensuite l’agence Magnum avant de mourir sur le terrain en 1954. L’exposition finit sur cette dernière partie, mettant en avant son « souci de témoigner en images des conséquences des conflits sur les populations civiles » malgré « la paix [retrouvée] par endroits ».

L’exposition est à retrouver au Musée de la Libération de Paris – Musée du général Leclerc – Musée Jean Moulin jusqu’au 20 décembre 2026 pour 11 euros (9 en tarif réduit), au 4, avenue du Colonel Henri Rol Tanguy, (place Denfert-Rochereau) dans le 14ᵉ à Paris.

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